La facturation électronique prend une place de plus en plus importante dans la gestion comptable et fiscale des entreprises en Tunisie. Avec l’évolution de la réglementation, les entreprises et les prestataires de services doivent s’informer sur les obligations applicables à leur activité et préparer leur organisation en conséquence.
Depuis le 1er janvier 2026, la loi de finances pour 2026 a élargi le champ d’application de la facturation électronique aux opérations de prestations de services. Toutefois, les modalités de mise en œuvre prévoient une application progressive pour certains prestataires. Il est donc essentiel de vérifier les conditions applicables à chaque situation.
Qu’est-ce que la facturation électronique ?
La facturation électronique consiste à émettre, transmettre et conserver les factures dans un système électronique conforme aux exigences prévues par la réglementation. En Tunisie, elle repose sur un dispositif spécifique qui prévoit notamment l’identification des factures et leur enregistrement dans le réseau autorisé.
Il ne suffit donc pas de créer une facture avec un logiciel bureautique ou de l’envoyer au client au format PDF pour qu’elle soit nécessairement considérée comme une facture électronique conforme au dispositif tunisien.
La facture électronique doit respecter les mentions obligatoires applicables et les exigences techniques prévues par le système, notamment en matière de signature électronique et de référence unique.
Qui est concerné par la facturation électronique en Tunisie ?
Le champ d’application de la facturation électronique a évolué avec la loi de finances pour 2026.
Les entreprises réalisant des opérations avec le secteur public
Avant l’élargissement de 2026, l’obligation concernait notamment les opérations réalisées avec l’État, les collectivités locales, les établissements et les entreprises publics par les sociétés relevant de la Direction des grandes entreprises.
Les prestataires de services
Depuis le 1er janvier 2026, l’article 53 de la loi de finances pour 2026 a étendu le champ d’application aux opérations de prestations de services. Cette extension concerne les prestataires entrant dans le cadre défini par les dispositions fiscales applicables, y compris certaines professions non commerciales.
La mise en œuvre tient toutefois compte de l’adhésion au réseau de facturation électronique. Selon la note commune n° 02/2026, les prestataires ayant déposé une demande d’adhésion sans avoir encore achevé les formalités requises peuvent continuer à émettre des factures papier pendant cette phase transitoire, conformément à la législation fiscale en vigueur.
Les opérations portant sur certains produits
Le dispositif concerne également certaines opérations de vente de médicaments et de produits pétroliers entre professionnels, à l’exception des détaillants, selon les conditions prévues par la réglementation.
Important : l’obligation exacte dépend de la nature de l’activité, des opérations réalisées et de la situation de l’entreprise vis-à-vis du réseau autorisé. Il est préférable de vérifier ces éléments auprès de son conseiller comptable ou de l’administration fiscale avant de modifier ses procédures de facturation.
Quelles sont les mentions obligatoires d’une facture électronique ?
Une facture électronique doit comporter les mentions requises par la réglementation fiscale applicable aux factures. Parmi les informations à vérifier figurent notamment :
- la date de l’opération .
- l’identité et les coordonnées du fournisseur .
- les informations d’identification du client lorsque leur mention est obligatoire .
- la désignation des biens ou des services .
- les prix hors taxes .
- les taux et montants de TVA applicables .
- le numéro de facture, conformément aux règles de numérotation .
- les éléments électroniques exigés par le système de facturation, notamment la signature et la référence unique.
Ces informations doivent être cohérentes avec les données comptables et fiscales de l’entreprise. Une organisation rigoureuse permet de limiter les erreurs et de faciliter le suivi des factures émises.
Comment mettre en place la facturation électronique dans son entreprise ?
La mise en conformité demande une préparation administrative et technique. Il est recommandé de procéder par étapes afin de limiter les difficultés lors du passage au système électronique.
1. Vérifier les obligations applicables
La première étape consiste à déterminer si l’entreprise est concernée par l’obligation, compte tenu de son activité, de ses opérations et de son régime fiscal. Cette vérification permet d’identifier les démarches à accomplir et le calendrier applicable à sa situation.
2. Préparer l’adhésion au réseau autorisé
Les entreprises concernées doivent accomplir les formalités d’adhésion auprès de l’organisme autorisé. Le dispositif tunisien s’appuie notamment sur Tunisie TradeNet (TTN) et son service de facturation électronique.
Les démarches peuvent inclure la préparation des documents nécessaires, l’obtention des moyens d’identification électronique requis et la souscription aux services appropriés.
3. Adapter les outils et les procédures internes
L’entreprise doit vérifier que ses outils de facturation peuvent produire des documents conformes au système applicable. Il faut également organiser la transmission des informations entre les équipes commerciales, administratives et comptables.
Une procédure claire permet de limiter les erreurs de saisie, les doublons et les retards de traitement.
4. Organiser la conservation des factures
Les factures électroniques doivent être conservées conformément aux règles applicables. L’entreprise doit pouvoir retrouver les documents et les informations associées lorsqu’elle en a besoin pour son suivi comptable, un contrôle ou une demande de son client.
Quelles sont les conséquences d’une facturation non conforme ?
Une entreprise qui ne respecte pas les obligations de facturation applicables s’expose à des risques fiscaux et administratifs.
Les règles prévoient notamment des sanctions en cas d’émission de factures papier pour des opérations obligatoirement soumises à la facturation électronique. Les modalités et montants des sanctions doivent être vérifiés à partir des dispositions en vigueur et de la situation concernée.
Au-delà des sanctions éventuelles, une facturation mal organisée peut compliquer le rapprochement comptable, le suivi des paiements et la préparation des déclarations fiscales.
La meilleure approche consiste donc à vérifier ses obligations en amont, à mettre en place des procédures adaptées et à conserver une documentation complète.
Quel est le rôle du comptable dans la transition vers la facturation électronique ?

Le comptable joue un rôle important dans la préparation de l’entreprise à la facturation électronique. Il peut aider à vérifier les obligations applicables, à organiser les informations comptables et à coordonner les démarches nécessaires avec les interlocuteurs concernés.
Il peut également contribuer à adapter les procédures de facturation, à contrôler la cohérence des données et à intégrer les factures électroniques dans le suivi comptable de l’entreprise.
Pour les dirigeants, cet accompagnement permet de mieux comprendre les changements réglementaires et d’anticiper leurs conséquences sur l’organisation administrative.
SDA Consulting vous accompagne dans le suivi de vos obligations comptables
La facturation électronique représente une évolution importante pour les entreprises en Tunisie. Pour préparer cette transition, il est essentiel de comprendre les obligations applicables à son activité et de disposer de procédures comptables adaptées.
SDA Consulting accompagne les entreprises dans leurs problématiques comptables, fiscales et financières. Un suivi adapté permet de mieux organiser les démarches, de fiabiliser les informations comptables et de faciliter la gestion quotidienne de l’entreprise.
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